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KI

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DO

voie





Qu'est-ce que l'Aikido ?

Tiré du Tome 1 de la série de livres
Takemusu Aikido écrite par Saito Sensei en collaboration avec Stanley Pranin.
Reproduit ici avec l'aimable autorisation de Monsieur Stanley Pranin - Aiki News © .

Un Art Martial...
L'art martial qu'est l'aïkido a acquis depuis quelques années une grande notoriété au Japon, sa terre natale, comme à l'étranger. Cette popularité est la conséquence naturelle de son développement constant au cours des quatre dernières décennies et de sa récente apparition dans des films américains qui ont été vus par des centaines de millions de spectateurs. Même si le public le considère à juste titre comme un art martial, il a tendance à faire un amalgame entre l'aïkido et d'autres arts de combat bien connus, tels que le judo, le karaté, le kung-fu et le taekwondo.

...différent.
En quoi l'aïkido diffère-t-il de ces autres arts martiaux ? Hormis des différences techniques évidentes, l'aïkido est unique du fait qu'il est exclusivement un art de défense. L'aïkido ne comporte pas de techniques d'attaque, révélant en cela ses principes philosophiques et éthiques, alors que d'autres arts martiaux possèdent à la fois des techniques offensives et des techniques défensives. Bon nombre d'entre eux en sont venus à privilégier l'aspect sportif de la pratique. C'est le cas du judo, sport olympique depuis 1964, du karaté, du taekwondo et de divers autres arts martiaux. Pour beaucoup de pratiquants de ces disciplines, la participation aux compétitions et la victoire sont plus importantes que le fait d'apprendre des techniques de défense.
En aïkido, l'accent est mis sur le développement spirituel de l'individu à travers l'acquisition de techniques défensives. La dimension éthique de l'aïkido imprègne tous les aspects de sa pratique, que ce soit sur le tatami ou en dehors de celui-ci. Dans la philosophie du fondateur, Morihei Ueshiba, l'aïkido est un moyen d'unir les gens dans une "famille universelle". Il ne s'agit pas de blesser les autres, mais plutôt de "se protéger de manière bienveillante". Lors d'une confrontation physique, l'idéal pour le pratiquant chevronné d'aïkido est de se servir uniquement du contrôle nécessaire à la neutralisation de l'attaque en cherchant à éviter de blesser l'agresseur. En fait, les adeptes sincères de l'aïkido aspirent à atteindre un niveau encore plus élevé en essayant d'être sensible au conflit et à la violence potentielle en toutes circonstances, que ce soit sur le plan relationnel, social ou autre. Il faut anticiper les situations de confrontation physique et les éviter totalement en cultivant la confiance en soi, la lucidité et l'intuition. Atteindre ce but requiert inévitablement de nombreuses années de pratique assidue. Mais l'aïkido est la discipline de toute une vie et une pratique authentique aboutit à des progrès techniques constants, ainsi qu'à une meilleure compréhension de la nature humaine.

L'aïkido, dont les objectifs sont distincts de ceux d'autres arts de combat, a tendance à attirer les personnes intéressées par ses concepts d'harmonie dans les échanges et ses principes de résolution des conflits. Ceux qui recherchent essentiellement l'acquisition de techniques de combat pour se défendre dans la rue ou pour gagner des compétitions s'orientent tout naturellement vers d'autres arts martiaux. Pourtant, il serait faux de supposer que la pratique de l'aïkido n'est pas vigoureuse ou que ses techniques sont inefficaces. Pratiqué de la manière traditionnelle telle qu'elle était enseignée par son fondateur, l'aïkido conserve de toute évidence un caractère martial. Les techniques sont exécutées fermement, mais sans intention violente. De puissants blocages articulaires et des immobilisations permettent le contrôle e t la neutralisation de l'adversaire sans lui causer de blessure ou de traumatisme. L'aïkido comporte en fait des techniques capables de causer de sérieux dégâts corporels et même d'entraîner la mort, mais ses principes interdisent d'avoir un comportement aussi destructeur.


Développement de l'Aikido à travers le monde.

Le développement international de l'aïkido n'a commencé qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'aïkido pratiqué aujourd'hui découle plus d'interprétations de professeurs célèbres que de l'art du fondateur lui-même. Ces enseignants réputés, tels que Gozo Shioda, Koichi Tohei, Kisshomaru Ueshiba, Kenji Tomiki et Minoru Mochizuki, tous disciples avancés de Morihei Ueshiba, introduisirent progressivement leurs modifications personnelles entre le début des années cinquante et la fin des années soixante. Aujourd'hui, ces formes dérivées de l'aïkido présentent chacune des caractéristiques distinctes et uniques. L'existence de différentes interprétations de l'aïkido s'explique principalement par le contexte historique, notamment la Seconde Guerre mondiale, par la longue retraite du fondateur à Iwama, par son âge avancé à l'époque du début de la popularisation de l'aïkido, et par le fait qu'il ne participait pas aux activités d'organisation et d'administration.


Développement de l'Aikido en France.

Les précurseurs en France ...

L’Aïkido est introduit en France par Minoru Mochizuki en 1951. Il pratique d’autres arts martiaux, principalement le Judo, quand il est recommandé en 1930 par son professeur Kano Sensei auprès de Ueshiba pour étudier les techniques de Ju-Jutsu. A l’ouverture du futur Hombu Dojo, Maître Ueshiba lui demande de devenir ushideshi. Il devient certainement un des élèves les plus appréciés du maître qui, en outre, souhaitait que Maître Mochizuki épousât sa fille.
En fait, Minoru ne vit qu’un an auprès du maître, mais ils gardent de telles relations que
Maître Ueshiba lui rend toujours visite quand ses voyages le rapprochent de la région où habite son élève.
Alors que
Maître Mochizuki est invité en Europe pour enseigner le Judo, il se rend auprès de O Sensei. Celui-ci lui confie qu’il vient de rêver, par trois fois, qu’un de ses disciples allait diffuser l’Aïkido en Europe et qu’il avait acquis la certitude que ce serait lui. Maître Mochizuki s’embarque pour la France où il dirige des stages de Judo et exécute différentes démonstrations pour promouvoir l’Aïkido. En 1952, il est expulsé de France pour avoir tenu des propos antinucléaires. Avant son départ, il charge un des ses élèves, Jim Alcheik, de poursuivre son œuvre. De retour au Japon, il demande à Maître Ueshiba d’envoyer un nouveau disciple en France. C’est Tadashi Abe que O Sensei choisit pour accomplir cette mission.

Tadashi, alors âgé de 28 ans, ne parle pas un mot de français. Il enseigne dans les dojos de Judo déjà implantés à cette époque. Le maître Kawaishi lui conseille de procéder comme il l’a fait pour le Judo à son arrivée, c’est à dire de codifier les mouvements sous forme de séries, ce qui s’avère plus adapté à la pédagogie des occidentaux. De 1953 à 1961, Tadashi suit méthodiquement ce conseil. Son Aïkido est très axé sur la défense. Tadashi avait comme particularité physique de ne plus avoir de séparation entre les phalanges à cause de ses frappes répétées au makiwara, souvenir de ses débuts à Osaka en 1942, une époque où le Japon fabriquait des guerriers. Après huit ans de travail, il retourne dans son pays considérant accomplie la mission que O Sensei lui avait confiée.
Avant de quitter la France, il décerne le quatrième dan à André Nocquet (élève de Ueshiba de 1955 à 1957) qu’il charge d’assumer la relève. Il laisse plusieurs milliers de pratiquants en France, avec parmi eux de nombreuses ceintures noires. De retour au Japon, il est choqué par le changement de l’enseignement pendant son absence. Reprochant au Hombu Dojo de pratiquer un sport de femmes, il se sépare de l’Aïkikaï.

En France, la révolte gronde. André Nocquet ne parvient pas à faire l’unanimité parmi les pratiquants, dont certains n’acceptent pas de lui laisser le premier rôle pour diriger et développer l’Aïkido comme il l’entend. Une demande est faite, auprès de l’Aïkikaï, pour déléguer en France un expert japonais. Certainement très flatté par cette démarche, les Japonais choisissent Mitsuro Nakazono qui arrive en 1961 à Marseille. Ce choix n’est peut-être pas le meilleur. En effet, Maître Nakazono est très influencé par la philosophie et la spiritualité. Sans remettre en cause ses qualités, le contraste est cependant saisissant avec le « guerrier » Tadashi Abe. Le nouvel expert refuse toutes codifications puisque celles-ci n’existent pas au Japon. Dans son dojo de la porte Saint-Martin, à Paris, il instaure des exercices de méditation avant la pratique, comme le fondateur O Sensei avait l’habitude de le faire. Beaucoup d’élèves le quittent, mais parmi ceux qui persévèrent se trouve un jeune adolescent de seize ans, Christian Tissier. En 1967, Maître Nakazano crée l’institut Kamanaga, où il enseigne pour la première fois en France le Kato-Tama (les mots de l’âme), répétition de certains sons précis selon un ordre déterminé, cher à O Sensei. En 1970, Maître Nakazono quitte la France pour Santa-Fé, Etats-Unis, où il n’enseigne plus l’Aïkido.

La même année que Nakazano, en 1961, arrive en France un deuxième disciple, Masamichi Noro, cette fois choisi par O Sensei, et mandaté pour propager l’Aïkido en France et en Europe. Entre-temps, plusieurs pratiquants se sont établis depuis le départ de Tadashi Abe. Refusant d’accepter Maître Nakazono comme remplaçant, ils poursuivent leur propre chemin. L’arrivée de Maître Noro est accueillie avec beaucoup de méfiance par certains professeurs français qui ont peur que soit mis en cause leur prestige naissant. Masamichi Noro, certainement ébranlé par cet accueil sans chaleur, poursuit sa mission et crée en 1962 l’Association Culturelle Française d’Aïkido ( ACFA). Il organise de nombreux stages en France et en Europe et fonde en l’espace de trois ans 250 clubs qu’il dirige dans toute l’Europe. En 1969, Maître Noro est victime d’un très grave accident de la route qui le laisse, en dépit de plusieurs opérations, paralysé d’un bras. Sans qu’il en soit informé, les instances du moment décident de confier la responsabilité de ses clubs à ses assistants. Quand il reprend son enseignement, seulement quelques fidèles sont encore au rendez-vous. Il ouvre alors à Paris un dojo appelé Institut Noro. C’est l’époque de la contestation en France. Les querelles à propos de formes, de styles, sont incessantes, chaque groupe étant persuadé de pratiquer et d’enseigner le « vrai » Aïkido. Son style étant de plus en plus critiqué, Maître Noro décide de se séparer de toutes attaches et donne un nouveau nom à son art, où la notion de combat disparaît complètement : le Kinomichi (5).

C’est au cours de cette période qu’un troisième maître japonais arrive en France. En 1964, O Sensei Ueshiba charge Nobuyoshi Tamura, qui a prévu de découvrir l’Europe durant son voyage de noces, d’étudier la manière dont fonctionne l’Aïkido en France au travers des structures associatives qui le régissent. A ce moment, les relations entre Français et Japonais se sont considérablement dégradées, les premiers reprochant aux seconds de ne pas s’adapter à leur mentalité et à leur réalité (5). Maître Tamura, qui ne devait rester que quelques mois en Europe, s’installe en France où il demeure encore aujourd’hui. Maître Tamura adhère à la ACFA créée par Maître Noro puis il rejoint en 1971 les groupes adhérents à la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées (FFJDA). Il participe également à la fondation de l’Union Nationale d’Aïkido (UNA), son style devenant de plus en plus représentatif. Il collabore avec André Nocquet et Hiroo Mochizuki.

André Nocquet étudie l’Aïkido dans les années cinquante avec Minoru Mochizuki, puis avec Tadashi Abe (1953), tout en enseignant parallèlement le judo. Sur le conseil de Tadashi Abe et avec une lettre de recommandation, Maître Nocquet part en juin 1955 au Japon pour devenir élève de O Sensei. Il a alors comme compagnons d’entraînement Maître Noro, Maître Saotomé et Maître Tamura. Deux ans et demi plus tard, Maître Ueshiba lui décerne le diplôme de Maître d’Aïkido. Maître Nocquet séjourne quelque temps à Hawaï où il pratique avec Maître Tohei avant de rentrer en France en 1958. En 1961, Tadashi Abe lui attribue le 4° dan avant de rentrer au Japon et il semble que Maître Ueshiba lui donne en 1962 mandat pour être le représentant général de l’Aïkido en France. En 1969, Maître Nocquet participe à la création de l’Union Européenne d’Aïkido dont il sera le professeur et le directeur technique.

Histoire de l'organisation fédérale en France ...
Dans les années cinquante, l’Aïkido est enseigné dans les dojos de judo aux ceintures noires.
On doit à Tadashi Abe la première codification de l’art sous forme de série.
La première structure fédérale française est créée par Jim Alcheik en 1959. Elle prend le nom de Fédération Française d’Aïkido Taï-Jutsu et Kendo (FFATK). Alcheik est élève de Minoru Mochizuki avec qui il a passé un an au Japon en 1958. Il développe un programme d’entraînement destiné aux futurs instructeurs , essentiellement recrutés parmi des ceintures noires de judo. Il est tué au cours d’un attentat en Algérie en 1962.

Au début des années soixante, le nombre de pratiquants est en augmentation (de 400 à 500) et il y a pénurie de professeurs. Après le départ de Tadashi Abe en 1961, plusieurs groupes se forment, organisés par ses anciens élèves. Le plus important est celui d’André Nocquet. En 1964, celui-ci rejoint la FFJ qui devient la FFJDA. La même année, la FFATK rejoint la FFJDA. Masachimi Noro dirige de son côté un groupe indépendant, l’Association Culturelle Française d’Aïkido (ACFA) créée en 1962. En 1965 la section Aïkido de la FFJDA comprend 111 dojos avec 2.200 membres. En additionnant les groupes de Maître Noro, Maître Nakazano et Maître Tamura, le nombre de pratiquants augmente de 1.000 personnes. C’est en 1967 que Maître Nocquet et ses élèves quittent l’organisation du Judo pour créer la Fédération Française d’Aïkido (FFAD).

L’Aïkido poursuit son développement et le nombre de pratiquants dépasse 10.000 membres en 1970. L’année suivante, le Ministère de la Jeunesse et des Sports décide d’accorder aux instructeurs d’Aïkido une licence officielle d’enseignement à l’exemple des professeurs de Judo.
L’Etat assume ainsi le rôle de vérifier la qualité et le niveau technique des futurs professeurs. N’étant pas spécifiquement équipé pour assumer ce rôle, il délègue ses pouvoirs aux deux organisations à même de mieux le représenter, la FFJDA et la FFDA, mais ne parvient pas, face aux résistances mutuelles, à imposer une fédération unique.

La même année, en 1971, M. Pfeiffer, ancien président de la FFJDA, crée l’Union Nationale d’Aïkido (UNA) sous l’égide de la FFJDA, afin de parvenir à unir les trois principaux groupes. L’UNA se compose alors de l’ACFA dirigée par Maître Tamura, du Cercle d’Aïkido Traditionnel (CAT), de Maître Nocquet et du groupe Yoseikan de Maître Mochizuki. L’Institut Noro, affirmant son indépendance vis-à-vis de la FFJDA, refuse de se joindre à cette nouvelle fédération d’Aïkido. Sous l’impulsion de l’UNA, une commission représentative de ces trois groupes est créée et 500 professeurs ayant exercé au moins trois ans dans un dojo sont diplômés. Deux ans plus tard, Maître Tamura, Maître Nocquet et Maître Mochizuki s’accordent pour mettre au point des principes d’enseignement appelés « la Méthode Nationale ». Ce travail est publié en 1975 sous le titre Aïkido, méthode nationale avec pour unique auteur Maître Tamura. A partir de cette date commence la désintégration de l’UNA, laissant Maître Tamura seul à la tête de l’organisation, avec, pour quelques années encore, l’accord de l’Etat.

Le 12 octobre 1975, Doshu Kisshomaru Ueshiba, fils de O Sensei, est invité en France. Il est témoin de la création le 2 novembre de la Fédération Internationale d’Aïkido (IAF) et de la Fédération Européenne d’Aïkido (EAF). Sur l’insistance de l’Aïkikaï, l’inauguration officielle de l’IAF a lieu un an plus tard à Tokyo. Son premier président fut le français Guy Bonnefond. A la fin de l’année 1975, l’UNA compte à elle seule près de 16700 membres. En ajoutant les adeptes des autres groupes, plus de 20.000 pratiquants sont dénombrés. Les années 1975-1980 témoignent de grands bouleversements au sein de l’UNA qui perd un quart de ses membres, ne comptant plus que 12500 inscrits en 1977-78. Un certain nombre d’instructeurs quittent l’organisation et proclament leur indépendance. De nombreux dojos autonomes voient ainsi le jour. Pour tenter de mettre un semblant d’ordre dans ces différentes écoles, Guy Bonnefond crée la Fédération Nationale d’Aïkido (FNA). Une conférence réunissant tous les groupes est organisée sans qu’une issue positive soit trouvée à la consternation du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

En 1977, pour élever le niveau technique des enseignants, Maître Tamura dirige dix séminaires nationaux avec la nouvelle fédération, ainsi que 240 stages locaux. Malgré ces efforts, la FNA ne compte que 12.300 membres à la fin de l’année. Au même moment, quatre grands groupes, la FFJDA de Maître Nocquet, le CERA d’Alain Floquet (ancien élève de Hiroo Mochizuki), l’Institut Noro et la Fédération française de Yoseikan Budo de Maître Mochizuki s’opposent à la FNA et créent la Fédération des Arts Martiaux Traditionnels.

Le troisième congrès de la IAF est organisé à Paris en octobre 1980. Plus de 400 professeurs et élèves assistent aux débats et séminaires dirigés par Doshu Kisshomaru Ueshiba, son fils Moriteru, Rinjiro Shirata et différents représentants japonais de l’Aïkikaï en Europe. Le congrès est marqué par d’explosives prises de position et la volonté de l’Aïkikaï de ne reconnaître officiellement qu’une seule organisation internationale. Devant la situation chaotique des arts martiaux en France, due en partie à l’arrivée massive de réfugiés du Sud-Est asiatique, une situation qui a entraîné la prolifération de nombreux dojos, le Ministère de la Jeunesse et des Sports exige en 1981 des différents groupes et écoles qu’ils adhèrent à l’une des trois fédérations officielles, Judo, Aïkido et Karaté. D’autre part, la crise de la section Aïkido de la FFJDA se développe. Une réunion est organisée en 1982 pour mettre au point une déclaration d’indépendance. Bien qu’un accord de principe soit unanimement approuvé, un groupe apparaît favorable à une indépendance progressive alors que l’autre groupe, dirigé par Maître Tamura, prône une séparation urgente et immédiate. En fait, le groupe de Maître Tamura avait préparé la structure d’une nouvelle organisation indépendante mais, en dépit du soutien de Guy Bonnefond, président de la section Aïkido, il doit renoncer en avril et laisse la future organisation sans haut gradé. La Fédération Française d’Aïkido, Aïki-Budo et Assimilé (FFAAA) prend place en 1983 sous la présidence de Jacques Abel. La FFAAA reçoit l’agrément officiel du Ministère et se compose pour l’essentiel du groupe favorable à une indépendance progressive. Les fédérations de Maître  Nocquet et de Alain Floquet rejoignent alors la nouvelle organisation.

De l’autre côté, Maître Tamura, ainsi que Chassang et Bonnefond qui jouent un rôle déterminant, optent pour la rupture complète avec la FFJDA et créent la Fédération Française Libre d’Aïkido et de Budo (FFLAB) qui deviendra plus tard la Fédération Française d’Aïkido et de Budo (FFAB).

En 1985, Maître Nocquet quitte la FFAAA pour rejoindre la FFAB de Maître Tamura. La FFAAA se retrouve sans haut gradé en son sein, bien qu’elle compte beaucoup de professeurs expérimentés. Parmi ces derniers, Christian Tissier qui, après avoir étudié 7 ans à l’Aïkikaï Hombo Dojo de Tokyo, est rentré en France en 1976 pour enseigner. Son succès sans précédent lui permet au cours des années de développer la ferveur de plusieurs centaines d’élèves. Christian Tissier devient de facto le leader de la FFAAA en contre point à Maître Tamura de la FFAB (8). A l’heure actuelle, la situation s’est éclaircie et l’Aïkido poursuit son développement. La FFAAA compte 30.600 membres, dans 703 clubs d'Aïkido et  98 clubs d'Aïkibudo affiliés. La FFAB compte 30.757 membres dans 780 clubs. Avec plus de 61.000 membres, si on prend en compte les différents groupes indépendants qui s’entraînent dans près de 2000 dojos, il apparaît que la France dépasse le Japon en termes de membres actifs et assume ainsi l’honneur d’être le pays accueillant le plus grand nombre de pratiquants dans le monde.


AÏKIDO, UNE PRATIQUE

Dispositions
L'Aïkido véhicule des concepts particuliers qui possèdent une valeur universelle, puisqu'il vise au développement de l'individu. Cependant, sa charge culturelle est importante et ne manquera pas de dérouter bon nombre d'entre nous.
C'est pourquoi, celui qui recherche, doit avoir un esprit ouvert. Lorsqu'on aborde l'Aïkido en phase de découverte, il n'est pas utile d'avoir des prédispositions physiques particulières. Cependant, après une période d'apprentissage suffisante, le pratiquant attentif s'aperçoit qu'il doit acquérir la souplesse et l'endurance pour progresser dans cet Art. L'Aïkido représente un objet d'étude. De fait, il doit être abordé avec sérieux. La recherche implique une juste motivation et une vision à long terme des choses. Elle passe par la pratique assidue au dojo. Cette démarche serait incomplète si elle n'était pas suivie d'une application dans la vie quotidienne.

Geiko ou modes de travail
Il existe différents modes de travail en Aikido que l'on appelle geiko en japonais. Ils visent à expérimenter entre autres le principe Ju : souplesse ou adaptabilité.

Ippan geiko Exécution d'une même technique à tour de rôle
Ju no geiko Travail en souplesse
Ryu no geiko Travail d'anticipation et de maîtrise de l'attaquant
Go no geiko Travail en puissance
Kakari geiko

L'attaquant utilise une ou plusieurs formes d'attaques

Taninzu dori Plusieurs formes, plusieurs attaquants
Futari dori Plusieurs adversaires ont déjà saisi le défenseur
Henka waza Variations et enchaînements
Kaeshi waza Contre-mouvements

Ukemi ou déplacement dans l'espace
O
n appelle ukemi tout déplacement de uke (celui qui attaque) visant à sortir d'une sphère de neutralisation qu'il a lui-même induit. Il peut s'agir d'une situation de projection ou d'une forme de contrôle (armlock). Les ukemi doivent être parfaitement maîtrisés et on dit souvent que l'ardeur d'un aikidoka peut être appréhendée par son aptitude à accepter l'ukemi.

L'ukemi n'est pas une brise chute car il procède d'une maîtrise du corps dans l'espace par l'état d'esprit de l'aikidoka.

Ma ou la distance dynamique
Le ma désigne la distance. Le ma ai est la distance dynamique juste entre 2 centres ou points. Cette notion de distance se conçoit bien lorsqu'on travaille les armes (sabre ou bokken, couteau ou tanto, baton ou jo). En effet, quelle serait alors l'utilité d'une manoeuvre lorsque l'on est considéré déjà comme mort pour n'avoir pas su apprécier la bonne distance, le ma ai.

Le ma ai est un concept fondamental dans les arts martiaux. Il introduit des paramètres complexes de perception spatio-temporelle et de rythme qui ne s'acquièrent que par une bonne pratique régulière.


VALEURS SPÉCIFIQUES

Le Shintoïsme
Le shintoïsme est la religion native du Japon. Il repose sur une mythologie complexe où les Esprits appelés Kami cotoient le monde des hommes. Le terme même de Shinto, 'la Voie des Dieux' représente le produit d'une revendication face à la pénétration du Bouddhisme (Zen).

Le Ki
Le concept de Ki (ou Chi) est connu des Chinois depuis l'époque mythique (pas de datation connue). Il est comme le Yin et le Yang, une figure emblématique. L'Aikido a reprit ce terme en l'enrichissant de conception shintoïste.

L'Harmonie et l'Opposition
L'Harmonie est aussi un concept chinois. En elle, le Sage chinois (ou le Prince) voit la réalisation de la volonté du Ciel et Terre, dont le principe générateur est le Tao, le Principe Sans Nom. Comme pour le Ki, le concept d'Harmonie s'est enrichi de conception shintoïste en accord avec la personnalité du Fondateur.